Taux d’intérêt du compte courant d’associé : taux maximal déductible 2026 et calcul

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Le taux d’intérêt d’un compte courant d’associé est libre : il est fixé par les statuts ou par une convention entre la société et l’associé. Seule la déduction fiscale des intérêts est plafonnée. Pour un exercice de douze mois, le taux maximal déductible était de 4,55 % pour les exercices clos le 31 décembre 2025. En 2026, il est de 4,40 % pour une clôture au 30 septembre, 4,43 % au 31 octobre et 4,45 % au 30 novembre. Le taux applicable aux exercices clos le 31 décembre 2026 sera connu fin décembre, après la publication du taux du quatrième trimestre.

Taux maximal déductible des intérêts de compte courant : les taux 2025 et 2026

Le plafond dépend de la date de clôture de votre exercice. Le tableau ci-dessous donne, par lecture directe, le taux à retenir pour un exercice de douze mois. Repérez la ligne qui contient votre date de clôture : c’est le taux maximal auquel les intérêts versés aux associés restent déductibles du résultat imposable.

Exercice de 12 mois clos Taux maximal déductible
Du 31 janvier au 27 février 2025 5,70 %
Du 28 février au 30 mars 2025 5,65 %
Du 31 mars au 29 avril 2025 5,49 %
Du 30 avril au 30 mai 2025 5,41 %
Du 31 mai au 29 juin 2025 5,32 %
Du 30 juin au 30 juillet 2025 5,16 %
Du 31 juillet au 30 août 2025 5,07 %
Du 31 août au 29 septembre 2025 4,97 %
Du 30 septembre au 30 octobre 2025 4,81 %
Du 31 octobre au 29 novembre 2025 4,73 %
Du 30 novembre au 30 décembre 2025 4,64 %
Du 31 décembre 2025 au 30 janvier 2026 4,55 %
Du 31 janvier au 27 février 2026 4,49 %
Du 28 février au 30 mars 2026 4,44 %
Du 31 mars au 29 avril 2026 4,39 %
Du 30 avril au 30 mai 2026 4,37 %
Du 31 mai au 29 juin 2026 4,34 %
Du 30 juin au 29 septembre 2026 4,33 %
Du 30 septembre au 30 octobre 2026 4,40 %
Du 31 octobre au 29 novembre 2026 4,43 %
Du 30 novembre au 30 décembre 2026 4,45 %

Après deux années au-dessus de 5 %, le plafond a nettement reculé en 2025 puis s’est stabilisé autour de 4,3 à 4,5 % en 2026. Pour un exercice clos le 31 décembre 2026, le taux sera la moyenne des quatre taux trimestriels de 2026 : 4,31 %, 4,35 %, 4,63 % et le taux du quatrième trimestre, publié au Journal officiel fin décembre.

Comment le taux de référence est calculé

L’article 39, 1-3° du Code général des impôts fixe le plafond à la moyenne annuelle des taux effectifs moyens pratiqués par les banques pour des prêts à taux variable aux entreprises d’une durée initiale supérieure à deux ans. La direction générale du Trésor publie ces taux chaque trimestre au Journal officiel, dans l’avis relatif à l’usure.

Trimestre Taux effectif moyen publié
1er trimestre 2025 4,92 %
2e trimestre 2025 4,60 %
3e trimestre 2025 4,36 %
4e trimestre 2025 4,30 %
1er trimestre 2026 4,31 %
2e trimestre 2026 4,35 %
3e trimestre 2026 4,63 %

Le calcul varie selon la date et la durée de l’exercice :

  • Exercice calé sur l’année civile : moyenne simple des quatre trimestres. Pour 2025 : (4,92 + 4,60 + 4,36 + 4,30) / 4 = 4,545 %, arrondi à 4,55 %.
  • Exercice de douze mois décalé : moyenne pondérée par le nombre de mois de chaque trimestre compris dans l’exercice. Un exercice clos le 31 octobre 2026 couvre 2 mois du 4e trimestre 2025, 3 mois de chacun des deux trimestres suivants et 4 mois sur la base du 3e trimestre 2026, d’où (2 × 4,30 + 3 × 4,31 + 3 × 4,35 + 4 × 4,63) / 12 = 4,43 %.
  • Exercice plus court ou plus long que douze mois : la même logique de pondération s’applique, le dénominateur étant le nombre de mois de l’exercice. Le BOFiP (BOI-BIC-CHG-50-50-30) détaille les formules et donne des exemples chiffrés.
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Si votre exercice se termine en cours de trimestre et que le taux de ce trimestre est déjà publié au moment de votre déclaration, vous pouvez l’utiliser s’il vous est plus favorable.

Fixer le taux d’intérêt de votre compte courant d’associé

Aucun taux minimal ni maximal ne s’impose sur le plan juridique. La société et l’associé fixent la rémunération dans les statuts ou dans une convention de compte courant, qui précise aussi le montant avancé, la durée, les conditions de remboursement et un éventuel blocage. Sans clause prévoyant des intérêts, l’avance n’est pas rémunérée.

Une rédaction courante consiste à prévoir que l’avance produit un intérêt annuel « au taux maximal fiscalement déductible » en vigueur à la clôture de l’exercice. Cette formule évite de réécrire la convention à chaque variation du plafond et supprime le risque d’intérêts non déductibles. Un taux fixe reste possible, mais il faut alors le comparer chaque année au taux de référence.

Points de vigilance au moment de rédiger la convention :

  • la convention conclue avec un dirigeant ou un associé important peut relever de la procédure des conventions réglementées (approbation par les associés) ;
  • un associé personne physique peut renoncer aux intérêts sans conséquence fiscale ;
  • une société associée qui prête sans intérêt s’expose à la qualification d’acte anormal de gestion, sauf aide justifiée à une filiale ;
  • sans durée ni clause de remboursement, l’associé peut réclamer ses fonds à tout moment, la société pouvant seulement obtenir des délais de paiement limités à deux ans.

Déductibilité des intérêts : les deux conditions

Les intérêts versés aux associés sont des charges financières. Ils ne sont déductibles du résultat fiscal de la société que si deux conditions sont réunies :

  1. le capital social est entièrement libéré : tant qu’une partie des apports reste à verser, aucun intérêt de compte courant n’est déductible ;
  2. le taux appliqué ne dépasse pas le taux de référence, apprécié sur le taux brut, avant impôt de l’associé.

La partie des intérêts calculée au-delà du plafond est réintégrée au résultat fiscal. Chaque compte courant est examiné séparément : un excédent sur le compte d’un associé ne se compense pas avec un taux plus bas sur le compte d’un autre. Entre sociétés liées, l’article 212 du CGI permet de déduire au-delà du plafond si l’emprunteuse prouve qu’elle aurait obtenu ce taux auprès d’une banque indépendante.

Exemple de calcul

Une SAS clôture son exercice de douze mois le 30 septembre 2026. Son président a laissé 50 000 € en compte courant pendant tout l’exercice, rémunérés à 6 % selon la convention. Le tableau suivant détaille l’impact fiscal pour la société et pour l’associé, en supposant que celui-ci n’est pas dispensé de l’acompte d’impôt.

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Élément Calcul Montant
Intérêts versés 50 000 € × 6 % 3 000 €
Intérêts déductibles 50 000 € × 4,40 % 2 200 €
Part réintégrée au résultat fiscal 3 000 € − 2 200 € 800 €
Prélèvements à la source chez l’associé 3 000 € × 31,4 % 942 €
Intérêts nets perçus 3 000 € − 942 € 2 058 €

Avec une convention fixée au taux maximal déductible, la société aurait versé 2 200 €, entièrement déductibles. Les intérêts se calculent au prorata du temps : si le solde du compte varie en cours d’exercice, on applique le taux à chaque solde pour le nombre de jours où il est resté inchangé.

Fiscalité des intérêts chez l’associé

Le traitement dépend de la nature de l’associé qui perçoit les intérêts :

Associé Nature des intérêts Imposition
Personne physique Revenus de capitaux mobiliers Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) ou, sur option globale, barème progressif de l’impôt sur le revenu
Société soumise à l’IS Produits financiers Intégrés à son résultat imposable à l’impôt sur les sociétés
Société ayant opté pour l’IR Bénéfices industriels et commerciaux Impôt sur le revenu de ses associés, catégorie BIC

Pour un associé personne physique, la société retient à la source l’acompte de 12,8 % et les prélèvements sociaux de 18,6 % au moment du paiement des intérêts. L’acompte de 12,8 % n’est pas prélevé si l’associé en a demandé la dispense, possible lorsque son revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple). Les intérêts ne bénéficient pas de l’abattement de 40 % réservé aux dividendes en cas d’option pour le barème.

Comptabilisation et déclarations de la société

Les sommes laissées par l’associé figurent au passif du bilan, dans le compte 455 « Associés, comptes courants ». Les intérêts sont enregistrés en charge au compte 6615 « Intérêts des comptes courants et des dépôts créditeurs », en contrepartie du compte courant de l’associé ou d’un compte d’intérêts à payer. La date d’inscription des intérêts vaut date de versement aux yeux de l’administration fiscale, même si l’associé ne les retire pas.

Côté déclarations, la société qui rémunère un compte courant doit :

  • déposer la déclaration 2777 et payer les prélèvements au plus tard le 15 du mois suivant le versement des intérêts ;
  • déclarer les intérêts versés à chaque associé sur l’imprimé fiscal unique 2561, au plus tard le 15 février de l’année suivante ;
  • déposer chaque année la déclaration de contrat de prêt (cerfa n° 10142), au plus tard avec la déclaration de résultat ;
  • réintégrer, sur le tableau de détermination du résultat fiscal, les intérêts excédant le taux de référence.

Cette gestion administrative fait partie de la gestion comptable courante d’une société. Un suivi mensuel de la trésorerie, par exemple via un tableau de bord comptable, aide à décider s’il vaut mieux rembourser le compte courant ou continuer à le rémunérer.

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Taux d’intérêt d’un compte courant bancaire

La requête « taux d’intérêt compte courant » vise parfois le compte de dépôt ouvert dans une banque, et non le compte courant d’associé. En France, la rémunération des comptes courants bancaires est autorisée depuis 2005, mais la plupart des banques traditionnelles ne rémunèrent pas les dépôts à vue. Quelques banques en ligne et néobanques versent des intérêts sur le solde, selon des taux qu’elles fixent librement et révisent souvent. Ces intérêts sont imposables comme des revenus de placement. Pour une société, la question de la banque se pose aussi : notre article sur la domiciliation bancaire détaille le rôle du compte professionnel.

Questions fréquentes

Quel est le taux d’intérêt des comptes courants d’associés pour 2026 ?

Il dépend de la date de clôture. Pour un exercice de douze mois clos en 2026, le plafond varie de 4,55 % (clôture au 31 décembre 2025 jusqu’au 30 janvier 2026) à 4,45 % (clôture du 30 novembre au 30 décembre 2026), avec un point bas de 4,33 % entre fin juin et fin septembre. Le taux des clôtures au 31 décembre 2026 sera publié fin décembre.

Un compte courant d’associé rapporte-t-il obligatoirement des intérêts ?

Non. La rémunération n’existe que si les statuts ou une convention la prévoient. Un associé personne physique peut avancer des fonds sans intérêt. En revanche, une société associée qui prête sans contrepartie peut se voir reprocher un acte anormal de gestion par l’administration fiscale, sauf s’il s’agit d’aider une filiale en difficulté.

Que se passe-t-il si le taux prévu dépasse le taux de référence ?

La convention reste valable et l’associé perçoit bien les intérêts prévus. Seule la fraction des intérêts calculée au-delà du taux de référence n’est pas déductible : la société la réintègre dans son résultat fiscal et paie l’impôt sur les sociétés sur ce montant. Pour éviter cette réintégration, indexez la rémunération sur le taux maximal déductible.

Le taux est-il le même pour un compte courant bloqué ?

Oui, le plafond de déduction fiscale est identique, que le compte soit libre ou bloqué. Le blocage, décidé par convention ou à l’unanimité des associés, empêche le remboursement pendant une durée convenue. Les banques le demandent souvent avant d’accorder un prêt, car les sommes bloquées renforcent les capitaux permanents de la société.

Quel compte courant rapporte le plus ?

Pour un compte bancaire, il faut comparer les offres des banques en ligne, dont les taux évoluent souvent et sont parfois réservés à une période promotionnelle. Pour un compte courant d’associé, la rémunération la plus élevée sans perte fiscale pour la société correspond au taux maximal déductible de l’exercice, soit autour de 4,4 % en 2026.

Sources

  • BOFiP, BOI-BIC-CHG-50-50-30, Intérêts des avances consenties par les associés : taux d’intérêt limite (version du 5 août 2026).
  • Entreprendre Service Public, Compte courant d’associé : fonctionnement et fiscalité (vérifié le 16 octobre 2026).
  • Code général des impôts, articles 39, 1-3°, 125 A et 212.
  • Avis du 25 septembre 2026 relatif à l’usure (taux effectif moyen du 3e trimestre 2026), Journal officiel.

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