Oui, il est possible de devenir pharmacien à 40 ans : aucune limite d’âge n’existe pour les études de pharmacie. Deux voies s’offrent à vous. Sans diplôme du supérieur adapté, vous passez par la première année PASS ou L.AS puis suivez un cursus de 6 ans au minimum. Si vous êtes titulaire d’un master, d’un titre d’ingénieur, d’un doctorat, d’un diplôme paramédical de niveau bac+3 ou de certaines licences scientifiques, la procédure « passerelles » permet d’entrer directement en 2e ou 3e année. Dans les deux cas, le financement des années d’études est le point à préparer le plus tôt.
Reconversion en pharmacie à 40 ans : est-ce réaliste ?
Le projet est réaliste, mais long. Un candidat qui entre en première année à 40 ans obtient son diplôme d’État de docteur en pharmacie vers 46 ans pour l’officine ou l’industrie, et vers 49 ans s’il choisit l’internat (biologie médicale, pharmacie hospitalière). Il lui restera une vingtaine d’années de carrière, dans un métier où les officines peinent à recruter. Avec une passerelle en 3e année, la durée tombe à 4 ans pour la filière courte.
Trois questions permettent de tester la faisabilité avant de vous engager :
- Avez-vous le niveau scientifique pour suivre une première année sélective (chimie, biochimie, biologie cellulaire, physiologie) ? Une remise à niveau d’un an est souvent utile pour un profil non scientifique.
- Pouvez-vous financer 4 à 6 ans avec un revenu réduit, en tenant compte des charges de famille et du logement ?
- Quel métier visez-vous précisément : adjoint en officine, titulaire, pharmacien industriel, hospitalier ? La réponse détermine la filière et la durée.
Pour vous faire une idée des débouchés avant de choisir, consultez notre panorama des métiers de la pharmacie.
Les voies d’accès aux études de pharmacie pour un adulte
PASS ou L.AS : l’entrée classique
Depuis 2020, l’entrée dans les études de santé passe par le PASS (parcours d’accès spécifique santé, une année à dominante santé avec une option disciplinaire) ou par une L.AS (licence classique avec une option santé). Un adulte titulaire du bac candidate comme les lycéens, sur Parcoursup. Le nombre de places en 2e année de pharmacie est fixé chaque année par chaque université : la sélection reste forte, et le nombre de tentatives est limité. La L.AS laisse une porte de sortie, puisque l’année validée compte dans une licence même en cas d’échec à l’accès en santé.
Les passerelles : entrée directe en 2e ou 3e année
La procédure prévue par l’arrêté du 24 mars 2017 permet d’éviter la première année. Elle est organisée par chaque université proposant des études de santé. Peuvent candidater, au plus tard au 1er octobre de l’année d’entrée, les titulaires :
- d’un diplôme conférant le grade de master, d’un titre d’ingénieur ou d’un doctorat ;
- d’un diplôme d’État d’auxiliaire médical sanctionnant au moins trois années d’études (infirmier, masseur-kinésithérapeute, par exemple) ;
- pour la pharmacie uniquement : d’une licence mention chimie, physique-chimie, sciences de la vie, sciences de la vie et de la Terre ou sciences pour la santé, d’un BUT génie biologique ou chimie, ou du brevet professionnel de préparateur en pharmacie ;
- d’un diplôme d’État de docteur en médecine, chirurgie dentaire, maïeutique ou médecine vétérinaire.
Le dossier (CV détaillé, lettre de motivation, diplômes) se dépose en ligne au début de l’année civile ; à Université Paris Cité, la campagne 2026 était ouverte du 16 février au 15 mars. Un jury sélectionne les dossiers puis auditionne les candidats retenus. Les places sont peu nombreuses : préparez un projet professionnel précis, qui explique pourquoi la pharmacie et pas une autre filière.
Durée des études : le parcours année par année
| Étape | Durée | Contenu |
|---|---|---|
| 1er cycle (DFGSP), dont la 1re année PASS ou L.AS | 3 ans | Sciences fondamentales, initiation au médicament, stage d’initiation en officine |
| 2e cycle (DFASP) | 2 ans | Choix de la filière (officine, industrie, internat), stage hospitalier |
| 3e cycle court | 1 an | Stage de pratique professionnelle de 6 mois en officine ou en industrie, thèse d’exercice |
| 3e cycle long (internat) | 4 ans | Après concours : pharmacie hospitalière, biologie médicale, innovation pharmaceutique et recherche |
Le diplôme ne suffit pas pour exercer : l’inscription au tableau de l’Ordre national des pharmaciens est obligatoire dès que vous réalisez ou surveillez des actes pharmaceutiques. Exercer sans inscription expose à des poursuites pour exercice illégal de la pharmacie.
Financer sa reprise d’études
À 40 ans, le budget est souvent l’obstacle principal, plus que le niveau. Les bourses sur critères sociaux du Crous sont en principe réservées aux étudiants de moins de 28 ans lors de la première demande, sauf exceptions. Les solutions à combiner :
- Projet de transition professionnelle (PTP) : géré par Transitions Pro dans chaque région, il maintient votre rémunération pendant une formation certifiante. Il faut en principe justifier de 24 mois d’activité salariée, dont 12 dans l’entreprise actuelle pour un salarié en CDI. Le PTP couvre rarement la totalité d’un cursus de plusieurs années : il sert surtout à financer une première étape.
- Compte personnel de formation (CPF) : utilisable pour une formation certifiante éligible, comme une préparation ou une remise à niveau.
- Allocations chômage : en cas de rupture conventionnelle ou de licenciement, renseignez-vous auprès de France Travail sur le maintien des droits pendant une formation. Si votre départ s’inscrit dans un licenciement économique et un CSP, le contrat de sécurisation professionnelle prévoit un accompagnement spécifique.
- Emploi étudiant en officine : à partir d’un certain niveau d’études, les étudiants en pharmacie peuvent être employés dans une officine, ce qui procure un revenu et une expérience utile.
- Épargne et prêt étudiant : certaines banques proposent des prêts aux étudiants en santé, avec un remboursement différé jusqu’au début de l’exercice.
Votre expérience : un vrai atout en officine
Un parcours antérieur ne raccourcit pas les études, mais il pèse ensuite dans l’exercice. Un ancien manager gère plus facilement une équipe de préparateurs et les plannings. Un ancien commercial ou acheteur maîtrise la négociation avec les grossistes-répartiteurs et les laboratoires. Une expérience paramédicale apporte la connaissance du patient et des parcours de soins. Ces compétences comptent surtout si vous visez à terme la reprise d’une officine : le pharmacien titulaire est aussi un chef d’entreprise, qui gère un stock, des salariés, une trésorerie et un emprunt souvent important.
Salaire et débouchés d’un pharmacien
En officine, le salaire minimum d’un pharmacien adjoint est fixé par la convention collective de la pharmacie d’officine. Depuis l’avenant du 28 avril 2025, applicable au 1er novembre 2025, les nouveaux diplômés entrent directement au coefficient 470, les anciens coefficients 400 et 430 ayant été supprimés. Avec la valeur du point de 2026, ce minimum correspond à environ 3 760 € bruts par mois pour 35 heures. La grille progresse ensuite jusqu’au coefficient 550 avec l’expérience, et les salaires réels dépassent souvent le minimum dans les zones où les officines peinent à recruter.
Les autres débouchés : pharmacien titulaire (revenu lié à la rentabilité de l’officine), industrie pharmaceutique (affaires réglementaires, qualité, production), répartition, pharmacie hospitalière et biologie médicale après l’internat.
Alternative plus courte : préparateur en pharmacie
Si 6 années d’études ne sont pas envisageables, le métier de préparateur en pharmacie offre un accès plus rapide au comptoir. Le diplôme de référence est désormais le DEUST préparateur technicien en pharmacie : 2 ans, niveau bac+2, accessible après un bac général ou technologique, préparé le plus souvent en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, donc rémunéré. Les CFA de la pharmacie accueillent chaque année des adultes en reconversion, y compris après 30 ou 40 ans. Le préparateur délivre les médicaments sous le contrôle effectif d’un pharmacien. Le brevet professionnel de préparateur, qu’il remplace, reste l’un des diplômes ouvrant la passerelle vers les études de pharmacie.
Déjà pharmacien et en reconversion ?
Une partie des recherches sur la « reconversion pharmacien » vient de pharmaciens d’officine qui veulent changer d’activité. Le diplôme ouvre de nombreuses portes : industrie, affaires réglementaires, pharmacovigilance, répartition, enseignement, information médicale. L’Ordre des pharmaciens rappelle qu’un changement de métier peut imposer une inscription dans une autre de ses sept sections (A, B, C, D, E, G et H), selon l’activité et le lieu d’exercice, et invite à anticiper ces démarches. Des diplômes universitaires de reconversion, parfois à distance, facilitent le passage de l’officine vers l’industrie.
Questions fréquentes
Est-il possible de devenir pharmacien à 40 ans ?
Oui. Aucune limite d’âge ne s’applique aux études de pharmacie ni à l’inscription à l’Ordre. Le parcours dure au minimum 6 ans par le PASS ou une L.AS, ou 4 à 5 ans par une passerelle en 2e ou 3e année si vous avez un diplôme éligible. La principale difficulté est le financement de ces années.
Quel est le salaire par mois d’un pharmacien ?
Un pharmacien adjoint débutant en officine touche au minimum environ 3 760 € bruts par mois pour 35 heures en 2026, selon la grille conventionnelle (coefficient 470). Le salaire augmente avec l’expérience et la région. Un titulaire se rémunère sur le résultat de son officine, et l’industrie propose des grilles différentes selon le poste.
Quel métier de santé choisir en reconversion à 40 ans ?
Le choix dépend du temps de formation acceptable. Pharmacien, médecin ou dentiste demandent 6 ans et plus. Préparateur en pharmacie (2 ans en alternance), aide-soignant (environ un an) ou infirmier (3 ans) sont plus accessibles. Comparez la durée, le financement possible et le salaire d’arrivée avant de vous décider.
Quels sont les inconvénients du métier de pharmacien ?
En officine, les horaires incluent souvent le samedi et des gardes de nuit, de dimanche ou de jour férié selon l’organisation locale. La responsabilité est importante (contrôle des ordonnances, interactions médicamenteuses) et la charge administrative élevée. Pour un titulaire, s’ajoutent l’endettement lié à l’achat de l’officine et la gestion d’une entreprise.



