Le cachet d’entreprise est un tampon encreur qui reproduit l’identité de l’entreprise (dénomination, forme juridique, adresse, numéro SIREN) à côté de la signature d’un représentant. Aucun texte ne l’impose : il sert à identifier rapidement l’émetteur d’un document, mais seule la signature engage l’entreprise. Un modèle auto-encreur de 4 à 7 lignes coûte en général entre 25 et 60 € TTC. Pour les documents dématérialisés, l’équivalent juridique est le cachet électronique défini par le règlement européen eIDAS, à ne pas confondre avec une simple image de tampon collée dans un PDF.
À quoi sert le cachet d’une entreprise ?
Le cachet, aussi appelé tampon commercial ou timbre de société, accompagne la signature sur les documents que l’entreprise remet à des tiers. Il répond à trois usages concrets :
- identifier l’émetteur d’un coup d’œil : le destinataire lit la raison sociale, l’adresse du siège et le SIREN sans chercher dans l’en-tête ;
- indiquer que le signataire agit au nom de la société et non à titre personnel, ce qui évite une ambiguïté quand un dirigeant signe un bon de commande ;
- gagner du temps sur les documents préimprimés (bons de livraison, attestations, formulaires administratifs) où une case « cachet de l’entreprise » est prévue.
En interne, un tampon sert aussi à dater ou qualifier un document : « Reçu le », « Payé », « Copie », « Confidentiel ». Ces tampons de service n’ont pas besoin de reprendre les mentions de l’entreprise. Certaines professions utilisent par habitude des montures rondes et de l’encre bleue, sans obligation réglementaire générale.
Le cachet d’entreprise est-il obligatoire ?
Non. Ni le Code de commerce ni le Code civil n’exigent de cachet pour qu’un contrat, un devis ou une facture soit valable. Ce qui engage l’entreprise, c’est la signature d’une personne habilitée à la représenter (gérant, président, salarié disposant d’une délégation de pouvoir). Une signature sans cachet produit donc ses effets, alors qu’un cachet sans signature n’a pas de valeur d’engagement : n’importe qui peut faire fabriquer un tampon en ligne.
Le cachet est cependant souvent demandé en pratique. Un formulaire administratif, une attestation employeur, un dossier d’appel d’offres ou un donneur d’ordre peut prévoir une case « cachet et signature ». Dans ce cas, l’absence de tampon peut retarder le traitement du dossier, sans rendre le document nul. Si vous n’avez pas de tampon, vous pouvez écrire à la main la dénomination, l’adresse et le SIREN dans la case prévue, puis signer : la plupart des organismes l’acceptent.
Ne pas confondre avec les mentions obligatoires
Les obligations portent sur les documents eux-mêmes. L’article R123-237 du Code de commerce impose à toute personne immatriculée d’indiquer sur ses factures, notes de commande, tarifs, documents publicitaires et correspondances son numéro SIREN, la mention RCS suivie de la ville du greffe, l’adresse du siège et, pour une société, sa forme juridique et le montant de son capital. Ces mentions doivent figurer sur le document, imprimées dans l’en-tête ou le pied de page : un cachet peut les reprendre, mais ne remplace pas leur présence sur la facture. Le détail des mentions de facturation est rappelé dans nos guides sur la facture d’acompte et la facture d’avoir.
Quelles mentions mettre sur un cachet d’entreprise ?
Le contenu est libre, mais un cachet utile reprend les informations qu’un tiers vérifiera. Le tableau ci-dessous propose un contenu type selon la forme de l’entreprise.
| Ligne | Société (SARL, SAS, SASU, EURL) | Entrepreneur individuel ou micro-entrepreneur |
|---|---|---|
| 1 | Dénomination sociale | Nom et prénom suivis de « EI » ou « entrepreneur individuel » |
| 2 | Forme juridique et capital (ex. : SAS au capital de 5 000 €) | Nom commercial, s’il existe |
| 3 | Adresse du siège social | Adresse professionnelle ou de domiciliation |
| 4 | SIREN ou SIRET, RCS ou RNE et ville | SIREN ou SIRET |
| 5 (option) | Téléphone, e-mail, site | Téléphone, e-mail |
| 6 (option) | Numéro de TVA intracommunautaire | Numéro de TVA si vous y êtes assujetti |
Depuis le 15 mai 2022, l’entrepreneur individuel doit faire figurer la mention « EI » ou « entrepreneur individuel » à côté de son nom sur ses documents et correspondances professionnels : autant l’intégrer au tampon. Si vous êtes domicilié dans un centre d’affaires, c’est l’adresse de domiciliation qui figure sur le cachet, comme sur vos factures.
Exemple de cachet pour une SAS
Pour une société fictive, le texte d’un tampon de 5 lignes pourrait être : « DUPONT CONSEIL / SAS au capital de 5 000 € / 12 rue de l’Exemple, 92100 Boulogne-Billancourt / SIRET 000 000 000 00000, RCS Nanterre / contact@dupont-conseil.fr ». Gardez une police lisible d’au moins 7 points, évitez les logos trop fins qui s’empâtent à l’encrage et faites relire le SIREN chiffre par chiffre sur le bon à tirer : une erreur oblige à refaire la plaque. Mettez le tampon à jour à chaque changement de siège, de forme ou de capital.
Combien coûte un cachet d’entreprise et où le commander ?
Le prix dépend du nombre de lignes, de la taille de l’empreinte et du mécanisme. Les fabricants en ligne proposent un configurateur avec aperçu, puis une livraison en quelques jours ; les papeteries et enseignes de fournitures de bureau prennent aussi les commandes en magasin. Prix relevés en octobre 2026 chez un fabricant en ligne (France Tampon) :
| Modèle | Format de l’empreinte | Lignes de texte | Prix TTC |
|---|---|---|---|
| Trodat Printy 4913 (auto-encreur) | 58 x 22 mm | 6 | 29,95 € |
| Trodat Printy 4928 (auto-encreur) | 60 x 33 mm | 7 | 38,95 € |
| Trodat 5206 Metal Line (monture métal) | 56 x 33 mm | 8 | 59,95 € |
Pour choisir, retenez ces critères :
- auto-encreur : la plaque se réencre seule entre deux impressions, c’est le format le plus courant pour un usage quotidien ;
- tampon bois ou à encreur séparé : moins cher à l’achat mais plus salissant, adapté à un usage occasionnel ;
- monture métal : plus lourde et plus durable pour un usage intensif ;
- tampon de poche : pratique pour les artisans et commerciaux qui font signer des bons chez le client ;
- cassettes de rechange : vérifiez qu’elles sont disponibles pour le modèle choisi, afin de ne pas racheter tout le tampon quand l’encre s’épuise.
Cachet numérique et cachet électronique : deux outils différents
Avec la dématérialisation, beaucoup d’entreprises insèrent une image de leur tampon dans leurs devis PDF. Cette image de tampon se crée gratuitement avec un traitement de texte ou un éditeur PDF, mais elle n’apporte aucune garantie : elle se copie en un clic et ne prouve ni l’origine ni l’intégrité du document. Elle a la même valeur qu’un nom tapé au clavier.
Le cachet électronique est un mécanisme cryptographique défini par le règlement européen eIDAS (UE n° 910/2014). Il est attaché à une personne morale, et non à une personne physique comme la signature électronique, et garantit que le document provient bien de l’entreprise et n’a pas été modifié. Le règlement distingue trois niveaux :
- simple : données électroniques associées au document, sans exigence technique particulière ;
- avancé : lié de façon univoque à l’entreprise et capable de détecter toute modification ultérieure ;
- qualifié : avancé, créé avec un dispositif qualifié et reposant sur un certificat délivré par un prestataire de services de confiance qualifié ; l’article 35 d’eIDAS lui accorde une présomption d’intégrité des données et d’exactitude de leur origine.
Le cachet qualifié s’utilise surtout pour des envois en volume : bulletins de paie dématérialisés, attestations, relevés. Son coût dépend du prestataire et du volume ; un éditeur du secteur annonce une fourchette de 300 à 1 400 € par an pour un certificat qualifié.
Facturation électronique 2026 : faut-il un cachet ?
La réforme de la facturation électronique entre entreprises s’applique en deux temps. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises et ETI doivent les émettre ; les PME et micro-entreprises devront les émettre à partir du 1er septembre 2027. Les factures transitent par une plateforme agréée dans un format structuré : la réforme n’exige ni tampon ni cachet sur la facture. Le tampon papier reste utile pour les autres documents, et le cachet électronique pour les entreprises qui veulent sécuriser leurs envois hors facturation.
Bonnes pratiques de sécurité
Un tampon facile à reproduire peut servir à fabriquer de faux documents au nom de votre entreprise : fausses attestations, faux bons de commande. Rangez-le sous clé, limitez le nombre d’exemplaires et retirez-le à un salarié qui quitte l’entreprise. Ne diffusez pas l’image haute définition de votre cachet avec votre signature scannée sur les réseaux ou dans des documents publics. Côté destinataire, un cachet ne prouve rien à lui seul : en cas de doute sur un document, vérifiez le SIREN de l’émetteur et appelez l’entreprise au numéro de son site officiel, pas à celui indiqué sur le document. Pour obtenir une preuve officielle de l’existence d’une société, demandez plutôt un extrait Kbis ou un extrait du RNE.
Questions fréquentes
C’est quoi le cachet d’une entreprise ?
C’est l’empreinte d’un tampon encreur qui reproduit les informations d’identification de l’entreprise : dénomination, forme juridique, adresse du siège, SIREN. Apposé à côté d’une signature, il indique que le signataire agit au nom de l’entreprise. Il n’a pas de valeur juridique propre sans signature.
Une signature sans cachet de l’entreprise est-elle valable ?
Oui. La validité d’un engagement dépend de la signature d’une personne qui a le pouvoir de représenter l’entreprise. Le cachet est un usage, pas une condition de validité. Si un organisme exige un cachet que vous n’avez pas, écrivez la dénomination, l’adresse et le SIREN à la main avant de signer.
Quels sont les types de cachets ?
On distingue le tampon auto-encreur, le tampon bois avec encreur séparé, le tampon à monture métal, le tampon de poche, le dateur et les tampons de service (« Reçu le », « Payé »). En numérique, l’image de tampon n’a pas de valeur probante, contrairement au cachet électronique avancé ou qualifié prévu par le règlement eIDAS.
Un micro-entrepreneur a-t-il besoin d’un tampon ?
Rien ne l’y oblige. Un tampon reste pratique pour les artisans qui font signer des bons d’intervention ou pour remplir les formulaires qui le demandent. S’il en commande un, il y fait figurer son nom suivi de « EI », son adresse professionnelle et son SIRET.
Sources
- Code de commerce, article R123-237 (mentions sur les papiers d’affaires).
- Règlement (UE) n° 910/2014 dit eIDAS, article 35 (effets juridiques des cachets électroniques).
- impots.gouv.fr, « À partir de quand suis-je concerné par la réforme de la facturation électronique ? », mis à jour le 16 janvier 2026.
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Documents commerciaux d’une société », vérifié le 8 décembre 2025.



