Pour investir dans une startup avec Anaxago, vous ouvrez un compte sur la plateforme, faites valider votre profil d’investisseur, puis souscrivez à un « club deal » de venture capital : vous achetez des actions ou des obligations convertibles d’une jeune entreprise non cotée, aux côtés de l’équipe d’investissement du groupe. L’horizon visé dépasse 5 ans, le capital n’est pas garanti et les titres ne se revendent pas facilement. En contrepartie, la plupart des opérations ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu (IR-PME ou JEI) et peuvent être logées dans un PEA ou un PEA-PME.
Anaxago en bref : qui gère votre argent ?
Anaxago est un groupe français d’investissement non coté créé en 2012, devenu entreprise à mission en avril 2023. Il revendique plus de 850 millions d’euros investis dans environ 350 projets en immobilier et en capital-risque, et plus de 15 000 investisseurs (chiffres publiés par le groupe). Trois entités interviennent :
- Anaxago, la plateforme, agréée par l’Autorité des marchés financiers comme prestataire de services de financement participatif (PSFP) sous le numéro FP-2023-25 ;
- Anaxago Capital, société de gestion de portefeuille, dont l’équipe de capital-risque CapHorn sélectionne et co-investit dans les startups ;
- Anaxago Patrimony, structure de conseil en investissement financier et en gestion de patrimoine.
L’agrément PSFP relève du règlement européen 2020/1503 sur le financement participatif. Il impose notamment une fiche d’informations clés pour chaque opération et des protections pour les investisseurs dits « non avertis ». Les sommes investies ne sont couvertes ni par la garantie des dépôts ni par le système d’indemnisation des investisseurs, comme le rappelle la plateforme.
Investir dans une startup avec Anaxago : les étapes
- Créer un compte sur anaxago.com et renseigner votre identité (vérification réglementaire anti-blanchiment).
- Compléter le profil d’investisseur. Si vous êtes classé « non averti », vous passez un test de connaissances et une simulation de votre capacité à supporter des pertes, exigés par le règlement européen. La plateforme valide ensuite le profil.
- Consulter les opérations ouvertes. Chaque club deal présente la société, sa maturité (de l’amorçage à la série C), le montant levé, la note ESG attribuée par Anaxago et la fiche d’informations clés.
- Souscrire en signant le bulletin de souscription. Un investisseur non averti dispose d’un délai de réflexion de 4 jours pour se rétracter.
- Suivre la participation depuis l’espace membre, avec un reporting trimestriel sur l’activité de la société.
Anaxago indique recevoir plus de 2 500 dossiers de startups par an, en analyser 500 en profondeur et en proposer moins d’une dizaine sur la plateforme. Les opérations portent sur trois thèmes : « consommer mieux », « produire mieux » et « vivre mieux » (santé, climat, technologies pour les entreprises).
Ticket, durée, risque : ce qu’il faut savoir avant de souscrire
Anaxago donne accès aux startups de deux façons : en direct, par un club deal sur une société précise, ou via des fonds de capital-risque (FCPR) qui répartissent l’argent sur plusieurs entreprises. Pour ses opérations startups et PME, la plateforme affiche un objectif de performance supérieur à 25 %, un risque « très élevé » et un horizon de 5 à 7 ans, sans garantie. À titre de comparaison, son crowdfunding immobilier vise 8 à 12 % par an sur 6 à 36 mois.
| Critère | Club deal en direct | Fonds de capital-risque (FCPR) |
|---|---|---|
| Ce que vous détenez | Actions ou obligations convertibles d’une seule société | Parts d’un fonds investi dans plusieurs sociétés |
| Ticket d’entrée | Fixé par opération, souvent de l’ordre de 1 000 à 2 000 € selon des comparatifs indépendants | Plus élevé, de l’ordre de 10 000 à 20 000 € selon les mêmes sources |
| Diversification | À construire vous-même, ligne par ligne | Intégrée au fonds |
| Frais | À lire dans la fiche d’informations clés de l’opération | Frais de gestion annuels, droits d’entrée et commission de performance |
| Horizon | Plus de 5 ans visés, jusqu’à la sortie de la société | Durée de vie du fonds, souvent 5 à 10 ans |
Le ticket exact figure sur chaque fiche d’opération. Lisez toujours la fiche d’informations clés avant de signer : les frais, la valorisation retenue et les droits attachés aux titres (vote, liquidité préférentielle des investisseurs professionnels) déterminent votre rendement net bien plus que l’objectif affiché.
Les risques propres au capital-risque
Une startup financée au stade de l’amorçage ou de la série A a une probabilité élevée d’échouer. Le modèle du capital-risque repose sur quelques réussites qui compensent les pertes, ce qui suppose de diversifier sur de nombreuses lignes. Les risques à accepter :
- la perte totale ou partielle du capital investi ;
- l’illiquidité : vous ne pourrez pas revendre avant un événement de sortie (rachat, introduction en bourse, nouvelle levée avec rachat de titres) ;
- la dilution lors des levées suivantes, si vous ne réinvestissez pas ;
- l’absence de valorisation régulière entre deux tours de table ;
- les délais : un test publié par un investisseur particulier fait état de délais d’émission des titres jugés longs et, côté immobilier, d’une hausse des retards depuis 2024.
Une règle prudente consiste à ne placer en startups qu’une petite part d’un patrimoine déjà diversifié, avec des sommes dont vous n’aurez pas besoin pendant au moins 7 à 10 ans.
La fiscalité en 2026 : IR-PME, JEI, PEA-PME et apport-cession
Anaxago indique que la majorité de ses club deals de venture capital sont éligibles à la réduction d’impôt IR-PME ou au dispositif renforcé des jeunes entreprises innovantes. Les taux et plafonds applicables aux versements de 2026 sont les suivants (source : Entreprendre Service Public, page vérifiée le 23 février 2026).
| Dispositif | Taux de réduction d’impôt | Plafond annuel des versements | Condition clé |
|---|---|---|---|
| IR-PME (cas général) | 18 % | 50 000 € (personne seule), 100 000 € (couple) | Conserver les titres 5 ans |
| Jeune entreprise innovante (JEI) | 30 % | 75 000 € (personne seule), 150 000 € (couple) | Fraction excédentaire perdue, non reportable |
| JEI de rupture (JEIR) | 50 % | 50 000 € (personne seule), 100 000 € (couple) | Dépenses de R&D d’au moins 30 % des charges |
Pour l’IR-PME de droit commun, la réduction entre dans le plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € par an ; l’excédent se reporte sur les cinq années suivantes. Les titres doivent être conservés 5 ans, sauf exceptions (cession après 3 ans avec réinvestissement intégral sous 12 mois, notamment).
PEA, PEA-PME et apport-cession
Les actions de startups proposées par Anaxago peuvent être logées dans un PEA ou un PEA-PME. Après 5 ans de détention du plan, les gains échappent à l’impôt sur le revenu et ne supportent que les prélèvements sociaux. Attention : des titres placés dans un PEA n’ouvrent pas droit en plus à la réduction IR-PME, il faut choisir entre les deux avantages. Hors enveloppe, les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux).
Les dirigeants qui ont apporté les titres de leur société à une holding avant de les céder peuvent aussi réinvestir via le dispositif d’apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) : le report d’imposition de la plus-value est maintenu si la holding réinvestit au moins 60 % du produit de cession dans des activités éligibles dans les deux ans. Anaxago propose des opérations conçues pour ce réemploi. Ce montage concerne surtout les entrepreneurs qui ont structuré leur détention, un sujet abordé dans notre article sur la création d’une holding.
Anaxago ou une autre plateforme ?
Anaxago se distingue par le co-investissement : l’équipe CapHorn d’Anaxago Capital investit dans les mêmes sociétés et aux mêmes conditions que les particuliers. D’autres plateformes françaises de financement participatif en capital existent, comme WiSEED, Tudigo, Sowefund ou LITA.co. Avant de choisir, comparez :
- l’agrément PSFP, à vérifier dans le registre de l’AMF ou de l’ESMA ;
- le ticket minimum et les frais réels, lus dans la fiche d’informations clés ;
- le nombre de sorties réalisées et le multiple obtenu, plutôt que les objectifs affichés ;
- la qualité du reporting après l’investissement ;
- l’éligibilité des titres à l’IR-PME, à la JEI ou au PEA-PME.
Pour évaluer une startup vous-même, examinez son business model, sa trésorerie (consommation mensuelle et nombre de mois de financement restant), la composition de l’équipe et le montant de la levée au regard de la valorisation proposée.
Questions fréquentes
Anaxago est-elle une plateforme fiable ?
Anaxago est agréée par l’AMF comme prestataire de services de financement participatif (numéro FP-2023-25) et sa société de gestion, Anaxago Capital, est elle aussi régulée. Cet agrément encadre l’information des investisseurs et la gestion des conflits d’intérêts, sans garantir la performance : chaque startup peut échouer et entraîner la perte du capital.
Peut-on revendre ses actions de startup avant la sortie ?
En pratique, très difficilement. Anaxago ne propose pas de marché secondaire organisé pour ces titres, et les statuts des sociétés prévoient souvent des clauses d’agrément ou de préemption. Comptez sur une immobilisation jusqu’à la vente de l’entreprise, à son introduction en bourse ou à une levée ultérieure permettant de racheter des titres existants.
Faut-il déclarer ses investissements Anaxago aux impôts ?
Oui pour bénéficier de la réduction d’impôt : la société ou la plateforme vous transmet un état individuel à joindre à votre déclaration de revenus, et la réduction se reporte sur la déclaration des réductions et crédits d’impôt (formulaire 2042-RICI). Les plus-values de cession hors PEA se déclarent l’année de la vente.
Combien investir dans une startup quand on débute ?
Aucun minimum réglementaire n’existe, mais la plateforme fixe un ticket par opération. Les professionnels du capital-risque recommandent de répartir une enveloppe sur au moins une dizaine de sociétés pour lisser le risque d’échec. Si votre budget ne le permet pas, un fonds diversifié (FCPR ou FCPI) offre une mutualisation, au prix de frais plus élevés.



